Journée Écoles libres

02/03/2010 Gtom Aucun commentaire

Libre en FêteDans le cadre de Libre en Fête 2010 nos amis d‘Alternative 87 organisent le  20 mars 2010,  « Écoles Libres » : une journée sur le thème des logiciels libres pour les enfants de 2 à 11 ans.

Affiche école libreL’association propose d’accueillir étudiants, enseignants, parents d’élèves, acteurs locaux du logiciel libre et bien sûr, les enfants, autour des différentes animations qui seront proposées tout au long de la journée. Au programme : présentation de logiciel libre et de leurs usages, ateliers rencontres et échanges entre les participants. L’entrée est évidemment libre. ;)

Vous trouverez toutes les informations nécessaires pour participer à cette journée sur la page consacrée à l’évènement.

Le logiciel libre invité à France Culture

17/02/2010 Gtom Aucun commentaire

"Web radio" Photo de AleBonvini (http://www.flickr.com/photos/alebonvini/)

L’information date un peu, mais je m’étais promis de faire un petit billet sur l’émission « Science Publique » diffusée sur France Culture le vendredi 29 janvier dernier, qui avait pour titre : « Le logiciel libre peut-il s’imposer ? »

Pour répondre à cette question, Michel Alberganti (l’animateur de l’émission) avait convié 3 invités oeuvrant dans différents secteurs du monde du libre:

  • Michel Cosnard. Président-Directeur-Général de l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et automatique)
  • Roberto Di Cosmo. Membre du Laboratoire PPS, (Preuves, Programmes et Systèmes), unité mixte de recherche du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et de l’Université Paris Diderot (Paris 7)
  • Benoît Sibaud. Président de l’April (Association pour la promotion et la recherche en informatique libre)

Le pitch de l’émission rappelle brièvement (donc avec quelques approximations) l’histoire du logiciel libre et présente (de manière un peu manichéenne) un combat entre deux modèles de développement de logiciel:

[...] Dès lors, deux philosophies diamétralement opposées s’affrontent.

D’un côté, des logiciels dits « propriétaires » appartenant à des éditeurs comme Microsoft ou Apple. De l’autre, les logiciels libres comme Linux, mais également le logiciel de serveurs Apache ou le navigateur Firefox. La première différence entre logiciels libres et logiciels propriétaires réside dans le prix de vente. Les premiers sont gratuits ou presque tandis que les seconds sont payants et coûtent parfois fort cher.[sic] Mais c’est aussi dans leur mode de création et d’évolution que les deux familles divergent. Le propriétaire est développé par le personnel payé par les éditeurs tandis que le libre provient du travail collaboratif et bénévole de milliers d’informaticiens à travers le monde. Un tel modèle a également engendré l’encyclopédie Wikipedia dont on connaît le succès.[...]

Les invités durant l’heure que durera l’émission reviendront sur la définition des 4 libertés accordées à l’utilisateur de logiciel libre, sur l’omniprésence du logiciel libre dans l’embarqué et sur Internet, sur les modèles économiques qui encadrent leurs développements, sur les notions d’interopérabilité et de vente liée, etc.

L’émission traite donc largement des notions que j’avais tenté d’expliquer lors de la dernière Install Party au travers de la présentation : « Logiciels libres et formats ouvert : au delà de la gratuité, la liberté« . Ainsi cette émission pourra aider ceux qui n’ont pu assister à cette présentation (ou qui n’y ont pas tout compris) à mieux appréhender le monde du logiciel libre.

Vous pouvez réécouter l’émission en la téléchargent directement sur le site de radio france (format .mp3) ou depuis notre site dans un format (.ogg) plus respectueux de l’utilisateur ;)

Le libre c’est aussi de la music

lorsque l’on parle de libre ou d’open source sur le Net, on pense à des logiciels ou des systèmes d’exploitations (Ubuntu, Fedora….) mais le libre ce n’est pas que ça : Il y a aussi la musique et certains sites se sont spécialisés dans sa diffusion comme celui de  JAMENDO.

Ce dernier, permet aux artistes de tout genre, de mettre à disposition des internautes, leurs créations sous différentes licences. Chacun peu ainsi écouter, télécharger, et partager la musique sans risquer les foudres de la loi. Tout le monde y trouve son bonheur : les artistes (qui disposent ainsi d’un moyen de diffusion mondial mais aussi d’une protection de leur oeuvre) les internautes (qui peut profiter d’une bibliotheque de plus de 30 000 albums recouvrant tous les styles mais aussi participer en donnant son avis) mais aussi les professionnels qui peuvent ainsi diffuser de la musique et promouvoir des artistes en assurant l’animation de leur lieux de travail sans pour autant être requeter par les société de droit d’auteur .

Mais aujourd’hui Jamendo est en difficulté par manque de don et d’argent (que vous pouvez faire ici )

Actuellement, il n’est pas question de fermer le site (mais des réductions de personnel et de services doivent être faits).  Les fondateurs se veulent rassurants en précisant que la partie du site qui s’adresse aux professionnels, dégage suffisamment de bénéfice pour payer les serveurs et le personnel indispensable.

Cependant, pour que le succès perdure, il faut sans cesse innover et c’ est la que Jamendo  à besoin de vous afin de leur permettre de continuer à fournir un service toujours plus performant.

Alors soutenez le libre et soutenez Jamendo !

Lucid Lynx : prochaine version (10.04) L.T.S

La prochaine Ubuntu, dénommée « Lucid lynx » sortira le 29 Avril 2010. Cette dernière bénéficiera d’un support à long terme. Il s’agit donc de la « 3è distribution étiquetée L.T.S ».

Au menu des nouveautés…

  • suppression de GIMP considéré comme une application professionnelle, et donc trop complexe pour un utilisateur de base. Il sera remplacé à-priori par F-spot.
  • Gnome version 2.30 / KDE version 4.4
  • Apparition de Pitivi (Montage vidéo)
  • Service de téléchargement de musiques : il sera possible grace à Rhythmbox (lecteur audio) d’acheter directement de la musique en ligne. L’objectif est d’accéder à des produits provenant de labels bien plus importants. Jamendo et Magnatude sont bien-sûr maintenus.
  • Remplacement de Xsane par Simple Scan
  • La logithèque (apparue sous la 9.10) remplacera définitivement tous les outils relatifs aux paquets (Synaptic, Software sources, Gdebi…). Il restera bien-sûr la possibilité de passer en mode Console avec apt-get et aptitude.
  • Apparition éventuelle d’une solution de sauvegarde (ce qui fera plaisir aux kamikazes ou néophytes). Si la solution est retenue, les logiciels en première ligne sont « Déjà Dup » et « Back in Time »…. à voir…

Et pour finir, vous savez tous qu’il est possible d’obtenir gratuitement un ou plusieurs CD d’Ubuntu/Kubuntu auprès de Canonical, sur simple enregistrement. Cette solution ne sera désormais plus possible car elle commence à peser sérieusement sur les finances de Canonical. Désormais, on ne pourra recevoir qu’un seul et unique CD gratuitement. Par la suite, il faudra se replier vers d’autres solutions pour obtenir une autre version de Ubuntu : Ubuntu Store, Revues spécialisées, téléchargement… L’envoi en masse gratuit est donc supprimé mais il est maintenu pour les membres et contributeurs uniquement. Pour obtenir une dizaine de CD par exemple, il faudra mettre la main à la poche, pour une somme modique… Cela s’appelle la « rançon du succès » : Ubuntu devient de plus en plus populaire ;-)

(sources : http://doc.ubuntu-fr.org/lucid Revues « OpenSource Magazine » et « Linux Pratique »).

Edit du 04 Mars ==> Concernant l’aspect visuel, faites un petit tour à cette adresse :     https://wiki.ubuntu.com/Brand


Valentine Days

Pour la Saint Valentin, dite « merci » à tous ceux qui font le Libre (logiciels, musiques, livres…….) et prouvez-leur votre amour par un « merci », « des félicitations » où tout moyens que vous trouverez.

Cette opération à été lançée à l’initiative de la FSFE sur le site duquel on trouvera des idées pour prouver son amour au Libre.

Alors Merci…  merci à tout les développeurs, les artistes, les bénévoles et tous ceux qui contribuent de près ou de loin au Libre.

I love Free Software!

Install Party du 28 novembre 2009

L’Install-Party organisée par l’association PULLCO au CCS de Tulle, ce samedi 28 Novembre, a rencontré un vif succès. Bénéficiant pour cette 1ère Édition, de la visite amicale de ses voisins « libristes » de Limoges (Alternatives87) et de Paris (la quadrature du net), l’association PULLCO a accueillie le public durant toute la journée, de 10h à 22h30.

Les premiers arrivants
Les premiers arrivants

Cette manifestation a permis aux personnes :
- de découvrir à travers différents ateliers, le monde de l’Open Source…
- de repartir avec des Systèmes d’exploitation GNU/Linux tels que Ubuntu, Kubuntu et bien d’autres…
- de bénéficier d’aides, de conseils, de façon à mieux appréhender le monde des Logiciels Libres…

Dès 10h00, un afflux de « libristes », seuls, accompagnés, en famille, jeune où moins jeune, avec ou sans portable, ont poussé les portes de 3 salles réservées par l’association PULLCO et destinées chacune aux présentations, aux installations et aux conférences.

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Nous tenons à remercier Thomas GUILLOT, Jean-Philippe CHAPELOTTE, Christine CAMES, Denis BRIAND, Julien RABIER pour leur conférence ainsi que tous les membres de l’association pour leurs investissements ainsi que toutes les personnes qui sont venues découvrir, installer et participer.

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L’hétérogénéité du public a pu démontrer que le mouvement du Libre ne s’adresse pas seulement aux « initiés ». De par leur singularité, leur nature, il est fort à parier que les logiciels libres vont voir « leur public » s’accroitre régulièrement…  Tout comme l’utilisation des systèmes d’exploitation GNU/Linux et le vif engouement qu’ils génèrent depuis quelques temps… Les Tullistes et leurs voisins des communes environnantes ont d’ailleurs pu le prouver de part leur présence, lors de cette journée.


Quelques photos de la journée :



Une petite vidéo de la journée (Merci CBN ;) ):

Télécharger la vidéo (.ogv – 79 Mo)


Les supports des conférences

[Dernière modification par Gtom le 8 décembre à 16h15 (correction de liens)]

Logiciels Libres et Ubuntu « Install Party » à Tulle

20/10/2009 Gtom 19 commentaires

Les membres de l’association PULLCO organisent une nouvelle « Install Party »qui se déroulera le samedi 28 Novembre au Centre Culturel et Sportif (CCS) de Tulle.

Affiche_install_party_pullco_300De 10h à 23 h, nous proposerons aux curieux de venir découvrir et installer gratuitement des distributions GNU/Linux ou des logiciels libres pour d’autres systèmes d’exploitation (Windows, Mac).

Vous pourrez également assister aux conférences qui tenteront d’apporter un éclairage sur le monde du logiciel libre au travers de ses valeurs et de son fonctionnement.
Des ateliers thématiques et des démonstrations de distributions Linux seront également de la « party ».

Au Programe :

Salle « Asie »  au 1er étage
  • De 10h à 12h – 14h à 22h30 : Install party – Démonstrations et présentation de différentes distributions Gnu/Linux. Apportez votre ordinateur et repartez avec des logiciels libres, gratuits et fonctionnels pour votre utilisation quotidienne. Les « linuxiens » présents se feront un plaisir de répondre aux questions et aider les débutants à faire leurs premiers pas dans cet univers passionnant.
Salle « Afrique » (ou Europe) au 1er étage
  • 16 h Atelier présentation d’un ordinateur pour non-voyants fonctionnant sous Gnu/Linux.
  • 19h-20h30 : Table ronde  « Les acteurs du libre en Corrèze/Limousin ».Présentation des acteurs (associations, institutionnels) qui font vivre le logiciel libre en Corrèze. Cette table ronde, au-delà de la présentation des différents participants, tentera de jeter les bases d’une collaboration dans le but de développer l’utilisation des logiciels libres et des formats ouverts en Corrèze.
Salle « Amérique » au 1er étage
  • 14 h Présentation de PULLCO par Laurent Hollecou membre de l’association.
  • 14 h 30 – 16h : Conférence « Logiciels libres et formats ouverts : au-delà de la gratuité, la liberté » par Thomas GUILLOT président de PULLCO. On associe trop souvent « logiciel libre » et logiciel gratuit. Si la gratuité est de fait, un élément qui caractérise le logiciel libre, ce n’est certainement pas l’essentiel de son aspect. Qu’est-ce qu’un logiciel libre, un format ouvert ? Qu’apportent-ils de plus que les logiciels propriétaires? Pourquoi est-il préférable de les utiliser ? Quelles sont les valeurs que porte le libre ? Sur quel modèle économique reposent le développement et la diffusion de logiciel libre ? Voilà autant de questions auxquelles Thomas tentera d’apporter des réponses.
  • 16 h 15 – 17h45 : Démonstration de la distribution Ubuntu avec les environnements Gnome et KDE par Jean-Philippe CHAPELOTTE secrétaire de PULLCO et Christine CAMES. Ubuntu est sans doute une des distributions les plus accessibles aux débutants. Au travers de cette démonstration, vous découvrirez comme il est simple d’utiliser les nombreux logiciels judicieusement sélectionnés dans cette distribution, comment la maintenir à jour et la compléter en installant de nouveaux logiciels. Vous découvrirez également deux des principaux environnements de bureaux
  • 18 h  -19h : Conférence « Le projet Debian » par Denis BRIAND mainteneur Debian. Le projet Debian rassemble plus de 1000 développeurs, qui travaillent de concert pour offrir à des millions d’utilisateurs, une des distributions les plus réputées et les plus stables du monde Gnu/linux. Denis présentera de manière concrète l’organisation de ce mastodonte du libre.
  • 20h30 -22h : Conférence « Neutralité du Net: Enjeux pour le Libre » par Julien RABIER (citoyen actif au sein de La Quadrature du Net). Les logiciels libres et Internet sont depuis leurs origines intimement liées. Leur développement respectif dépend d’un principe fondamental qui est la neutralité des réseaux de communication. Pourtant, ce principe est menacé par ceux qui souhaiteraient faire d’Internet un espace uniquement marchand, un espace entièrement contrôlé. HADOPI, LOPPSI, le Paquet Telecom sont autant de projets menaçant la neutralité du Net. Julien Rabier au travers de son engagement au sein de La Quadrature du Net est très impliqué dans la protection de ce principe. Il viendra nous faire partager son analyse sur les menaces qui planent sur Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui et par voie de conséquence sur le logiciel libre.

Le programme n’est pas arrêté de manière définitive n’hésitez pas à consulter cette page régulièrement

Plan d’accès

Centre Culturel et Sportif : 36 Avenue Alsace-Lorraine 19000 TULLE.

Voir une carte plus grande

Dernière modification le 8 Novembre

HADOPI: Retour sur le vote de nos députés.

17/09/2009 Gtom Aucun commentaire

Le projet de loi relatif à la protection pénale de la Propriété Littéraire et Artistique sur Internet, dite « HADOPI 2″ a été adopté par l’Assemblée nationale lors du vote solennel du 15 septembre 2009.

Comme nous l’avions annoncé dans notre lettre ouverte envoyée aux 3 députés de la Corrèze, cet article va permettre de commenter le vote de chacun d’entre eux.

Pour rappel, lors des explications de vote, les groupes UMP (Union pour un Mouvement Populaire) et NC (Nouveau Centre) ont appelé à voter pour le texte, tandis que les groupes SRC (Socialiste, Radical, Citoyen) et GDR (Gauche Démocrate et Républicaine) avaient appelé à voter contre. Nos députés ont donc suivi les consignes de vote de leurs groupes respectifs.

Je remercie au nom de l’association les Députés François HOLLANDE et Philippe NAUCHE d’avoir porté notre voix à l’Assemblée nationale en votant contre le projet de loi.  En participant à ce vote, ils ont ainsi clairement marqué leur position contre cette loi inutile, couteuse, injuste et déjà dépassée.

Le Député Jean-Pierre DUPONT a quant à lui voté pour le texte. Ce vote n’a rien de surprenant puisque Jean-Pierre DUPONT s’était déjà illustré par le passé en votant pour les précédentes versions du projet de loi. Son attitude en séance ainsi que son unique prise de parole lors des débats autour de ce texte lui ont value d’être repéré par le site www.deputesgodillots.info sur lequel vous pourrez consulter sa fiche. En votant pour, ce projet de loi  Jean-Pierre DUPONT illustre sa vision  rétrograde des enjeux de la diffusion des oeuvres sur internet. Pourtant y compris au sein de son propre groupe parlementaire nombreux ont été ceux qui se sont élevés contre le principe même de cette loi. Peut-être que si M. DUPONT avait été plus attentif en séance il aurait pu saisir l’avertissement de son collègue Christian VANNESTE qui résume parfaitement la situation: 

Hadopi restera dans les mémoires, comme cette loi présomptueuse qui aura voulu atteindre l’horizon, rattraper un progrès qui ira toujours plus vite qu’elle .

Espérons que son vote tient plus du patriotisme envers son groupe politique que d’une réflexion approfondie…

Et maintenant ?

Nous savons désormais à qui il faudra nous adresser lorsque les premières et inévitables erreurs auront été commises et que les premiers accès à internet auront été coupés.

Si vous aimez les artistes, la création et la culture, allez aux concerts, dans les salles de cinéma, au théâtre, dans les bibliothèques et les médiathèques.  Participez au mécénat des artistes que vous aimez en leur adressant directement vos dons.  Continuez de partager des fichiers sur Internet en utilisant les nombreuses techniques qui permettront de passer à travers les mailles du filet de la HADOPI. Fuyez les plateformes de téléchargement qui utilisent des technologies et des fromats propriétaires (DRM, Flash, WMA, WMV, etc) . Bref, faites vivre la culture, les artistes et les créateurs, mais pas les nombreux intermédiaires qui vivent de la création des autres.

Ceux qui rêvent de faire de l’Internet qu’un espace marchand ont remporté une victoire, mais pas la guerre. N’en déplaise à Monsieur Miterrand qui veut « protéger le droit face à ceux qui veulent faire du Net le terrain de leurs utopies libertariennes » , l’Internet n’a pas été inventé par les marchands, ni pour les marchands. Sa finalité est humaniste pas mercantile. Sa structure décentralisée est précisément faite pour qu’il échappe à tout contrôle centralisé. Ceux qui espèrent faire de l’internet autre chose qu’un espace d’échanges, de liberté d’expression, de connaissances mènent un combat perdu d’avance.

La loi Hadopi 2 a été adoptée par 285 voix contre 225.

HADOPI - Le Net en France : black-out

HADOPI : Lettre ouverte aux Députés de la Corrèze

14/09/2009 Gtom un commentaire

Voici le courrier adressé aujourd’hui par mail aux 3 députés de la Corrèze (François HOLLANDE, Philippe NAUCHE, Jean-Pierre DUPONT). Je vous tiendrai informé des éventuelles réactions et surtout de la position que nos députés auront adoptée lors du vote. Pour ceux que cela intéresse, vous pourrez suivre l’explication de vote et le vote, mardi à partir de 15 heures en direct sur le site de l’Assemblée nationale.

Messieurs les Députés,

En tant que président de l’association pour la Promotion de l’Utilisation des Logiciels Libres en Corrèze (P.U.L.L.CO) je souhaite vous faire part d’un certain nombre de remarques avant le vote du projet de loi relatif à la protection pénale de la Propriété Littéraire et Artistique sur Internet, dite « HADOPI 2″ qui aura lieu mardi.

Ce projet de loi vous est présenté par le gouvernement comme la réponse adéquate pour favoriser la diffusion et la protection de la création sur internet. Il crée ainsi le cadre juridique et répressif pour lutter contre le phénomène dit de « piratage » de contenus culturels sur les réseaux numériques. Ce projet de loi s’appuie en particulier sur la possibilité pour un juge de couper l’accès à Internet d’un internaute coupable de « négligence caractérisée ».

À PULLCO nous sommes convaincus que ce projet n’apporte pas la réponse adaptée au problème de la diffusion et de la protection de la création sur internet aussi bien sur le fond que sur la forme.

Sur le fond

Le projet de loi a pour fondement l’idée que le partage de contenu culturel sur des réseaux numériques nuit à la création et à la juste rémunération des artistes. Cette idée émise par l’industrie culturelle fait un lien direct entre la chute de ses revenus et l’augmentation du partage de fichiers sur l’internet.

Cette idée est pourtant parfaitement contestable. Les chiffres donnés par le ministère de la Culture annonçant que le téléchargement illégal était responsable de 10 000 suppressions d’emplois (directs et indirects) et de la perte 1,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires1, sont parfaitement discutables. En effet ces chiffres sont issus d’un rapport réalisé sur la base de données fournie pour grande partie par l’industrie culturelle2. D’autres études3 4 5 démontrent non seulement qu’il n’y a pas de lien direct entre le fait d’échanger du contenu culturel sur internet et la baisse de revenus de l’industrie culturelle, mais qu’au contraire ces échanges lui seraient profitables.

Le raccourci pris par l’industrie culturelle qui fait de l’échange de fichiers l’origine de ses difficultés économiques, relayé aujourd’hui par ce projet de loi, est sans doute trop rapide. En effet il élude la prise en compte d’un changement économique structurel important qui entend développer une relation plus directe entre créateurs et public.

À l’heure du numérique où tout contenu est reproductible et distribuable pratiquement instantanément sans qu’il soit détérioré, est-il raisonnable de soutenir l’industrie culturelle sous sa forme actuelle, qui appuie son modèle économique sur la distribution de support pour des œuvres culturelles? Nous ne sommes pas les seuls à penser le contraire. Dans une étude6 réalisée par l’ENST et le CNAM, les auteurs font le même constat:

« Ainsi, les biens informationnels (culturels, techniques, scientifiques) ne sont plus soumis à la rareté essentielle des supports (livres, disques, DVD, etc.) et sont devenus non-rivaux : chacun peut les consommer sans empêcher ni gêner leur consommation par d’autres. Hier, on possédait un support ; aujourd’hui, on participe à la consommation collective d’une information numérisée, qui constitue un espace informationnel commun. Certains acteurs peuvent s’y opposer pour un temps et, par la technique (DRM) ou la loi, s’efforcer de rendre à nouveau l’information prisonnière de ses supports. Ces tentatives sont vouées à l’échec: on ne saurait refuser durablement le progrès technique. « 

Ce projet de loi ne fait que criminaliser ou rendre suspicieux l’internaute ; rien que la sémantique utilisée par les défenseurs de ce texte en témoigne. Ils n’ont eu de cesse de qualifier de « vol » ou de « piraterie » le fait de partager du contenu numérique. Le dictionnaire fait pourtant une distinction sans ambiguïté entre la notion de partage et celle de vol et de piraterie. Le partage n’est pas du vol, il est même le fondement du modèle économique du logiciel libre qui emploie et fait vivre chaque jour un peu plus de personnes en France7. Nous ne voyons dans ce projet de loi et dans le vocable qui l’entoure que le signe d’une incompréhension de l’évolution de la société. Cette évolution cristallise les craintes de ceux qui ne savent comment s’y adapter tout comme ce fut le cas lors de l’arrivée du phonographe remplaçant le piano mécanique qui lui même avait délogé quelques pianistes de cabaret.

Nous aurions préféré que ce projet de loi soit le support d’une réflexion plus approfondie sur la question essentielle qui reste entière: Comment rémunérer la création à l’heure du numérique ? La « licence globale 8» ou « contribution créative9 » et plus particulièrement le « mécénat global10 » sont autant de propositions pour répondre à cette question qui n’ont pas été abordées ou trop vite écartées lors des discussions autour de ce projet de loi.

Finalement, ce projet n’apporte qu’un cadre répressif et restrictif à l’usage des technologies actuelles, ce qui dans sa forme pose un certain nombre de problèmes.

Sur la forme

Le projet de loi s’appuie sur un mécanisme répressif complexe dit de « riposte graduée » qui, à son terme, donne la possibilité à un juge de couper l’accès à internet d’un propriétaire de connexion dont l’adresse IP aura été repérée sur des réseaux d’échange de pair à pair (P2P).

L’adresse IP n’étant pas une donnée fiable pour identifier un internaute 11 12, comme le reconnait la jurisprudence française13, le projet de loi introduit la notion de défaut de sécurisation de connexion internet. Ainsi, ne pouvant pas imputer de manière fiable l’acte réputé illégal à une personne, on reproche au propriétaire de la connexion internet de ne pas avoir su sécuriser sa connexion. La sécurisation d’une connexion internet en particulier lors de l’usage du Wifi étant réputée non faisable par l’ensemble des experts en sécurité informatique, le projet de loi prévoit une obligation de moyens et non de résultats. Cette obligation de moyens peut être justifiée par l’usage d’un logiciel dit de sécurisation qui, dès l’instant où il est utilisé, disculpe l’abonné.

C’est précisément sur ce point que nous aimerions que vous portiez une attention particulière. En l’état actuel du texte, nous ne connaissons rien de ces logiciels de sécurisation hormis qu’ils ne seront pas interopérables (les amendements en ce sens ayant été rejetés) et sans aucun doute propriétaires.

En tant qu’utilisateurs de systèmes libres (Gnu Linux), il nous sera impossible d’utiliser ce type de logiciel. Le conseil général de la Corrèze, au travers de l’opération « ordicollège », a fait le choix judicieux d’équiper les collégiens d’ordinateurs portables fonctionnant grâce à des logiciels libres. Pour un certain nombre de familles, cette dotation représente le seul ordinateur du foyer. Comment pourront se défendre ces familles si l’adresse IP de leur connexion internet fait l’objet d’une plainte auprès de l’Hadopi ? Que feront-elles des recommandations envoyées par mail de manière automatique les sommant d’installer un logiciel qui fonctionne uniquement sous Microsoft Windows ? Dans ce cas, comment justifier de l’obligation de moyen de sécuriser la ligne ? En tant qu’utilisateurs de logiciels libres, n’avons-nous pas les mêmes droits vis-à-vis de la loi?

Conclusion

Cette loi, si elle rentre en application, sera extrêmement coûteuse14, inefficace15 , injuste16, et ne résoudra en rien la question pourtant fondamentale de la rémunération de la création à l’ère du numérique. Les 10 000 signataires de la pétition de la Sacem que le rapporteur et le ministère de la Culture ont tant mis en avant lors des débats risquent d’être bien déçus par les résultats de la loi. Le ministre de la Culture en est d’ailleurs parfaitement conscient puisqu’il a ordonné une mission17 visant à « améliorer l’offre légale de musiques et de films sur Internet, et accroître la rémunération des auteurs et des créateurs », désavouant ainsi implicitement le travail de réflexion fait autour du projet de loi Hadopi. Le parcours législatif de ce texte à lui seul témoigne de son incapacité à répondre aux enjeux et problématiques posées. Il est temps d’en finir avec ce texte et d’amorcer une véritable réflexion, tournée vers l’avenir, sur les questions de diffusion et de rémunération des œuvres sur Internet.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que nous vous demandons de bien vouloir vous rendre à l’Assemblée nationale mardi afin de porter notre voix en votant contre ce projet de loi. Nous serons très attentifs à votre vote que nous ne manquerons pas de commenter au travers de notre site internet ou lors des événements que nous organiserons.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à nos remarques et à notre demande, veuillez agréer Messieurs les Députés, toute notre considération.

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